Conséquences du cannabis sur la mémoire

L'effet négatif du cannabis sur la mémoire n'est généralement pas contesté. Il existe une littérature assez abondante qui objective les perturbations de la mémoire induites par le cannabis, essentiellement sur la mémoire à court terme. S'il existe un débat, c'est sur le mécanisme d'altération en lui-même, sur son étendue et sur l'éventuelle persistance des troubles sur le long terme. Les perturbations de la mémoire semblent survenir même lors d'une faible consommation.

Cannabis et mémoire

Le point de vue des consommateurs

En effet, l'effet négatif le plus fréquent et le plus universellement rapporté par les consommateurs de cannabis se réfère aux troubles de la concentration et de la mémoire:

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Source: Addiction Suisse (anciennement SFA-ISPA) Drogues illégales - consommation de cannabis. Chiffres & données 2004

Le mecanisme

Il existe dans le cerveau divers récepteurs à des substances régulatrices naturellement produites par les neurones, appelées endocannabinoïdes. On pense que certains circuits impliquant ces récepteurs sont notamment impliqués dans la régulation de la mémorisation (mémoire "de travail" ou "à cout terme"). La consommation de cannabis interfèrerait avec l'équilibre de ces processus. On constate aussi qu'elle modifie la circulation du sang dans plusieurs parties du cerveau, dont l'hippocampe, le cervelet et les lobes frontaux. On a pu observer des perturbations de la circulation cérébrale jusqu'à six semaines après consommation, sans que leur signification ne soit élucidée. Les perturbations de la mémoire de courte durée se prolongent quant à elles au-delà de six semaines.

Des répercussions sérieuses sur le développement

Diverses études font état d'une influence bien plus négative de la consommation de cannabis avant l'âge de 16 ans: les perturbations observées persisteraient plus longtemps.

Les conséquences de ces troubles induits ne devraient pas être minimisées, notamment du point de vue de l'éducation: on observe que les consommateurs de cannabis atteignent un moindre niveau d'études, de diplômes et de revenus que les non-consommateurs.

En d'autres termes,

"le cannabis n'induit pas de régression notable des connaissances acquises par un sujet et reste compatible avec une vie professionnelle sans grands projets, ni ambitions, ni remises en questions majeures, il empêche par contre l'adolescent de se cultiver, de progresser, d'entreprendre, d'imaginer. Le temps perdu ne se rattrape guère et ainsi le cannabis peut "plomber" des destinées." (J. Costentin)

Certaines études vont même jusqu'à postuler que la consommation de cannabis à l'adolescence, âge où le cerveau se développe pour arriver à maturité, peut irrémédiablement entraîner des déficits cognitifs (mémoire, capacité de concentration, rapidité de traitement de l'information). [voir une dépèche AFP à ce sujet [arrow_up]: août 2012]

Bien sûr, ces résultats sont à pondérer en fonction du type de consommation (quantités consommées, chronicité, etc.) que des facteurs personnels de protection ou de vulnérabilité.

 


Références

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Documentation

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